Le matériel…
Page précédente Page suivante Il n’y a pas de matériel type pour réaliser une BD. Tous les moyens d’expression sont bons. Cela dépendra de la sensibilité de l’artiste, des techniques qu’il affectionne et du sujet à traiter. Je vais cependant vous présenter les plus utilisés. Pour commencer, il y a le papier fin et de qualité médiocre pour les recherches graphiques, le story-board, et parfois le premier jet de la planche. Un papier de qualité supérieure à grains fins (type lavis technique), de 200 à 300 grammes d’épaisseur, capable de supporter les éventuelles retouches de grattage et qui ne se froisse pas au gommage, pour réaliser la planche définitive. Pour s’exprimer, l’artiste utilisera des crayons de papier ou des porte-mines, avec des mines noires, dures ou tendres. De plus en plus d’artistes réalisent leurs crayonnés avec des mines bleues, faciles à supprimer à la photogravure ou lors de la numérisation. Cela dispense de l’étape du gommage. Pour l’encrage ou la mise au noir, le matériel est plus varié. L’encre de Chine, pour son pigment, l’intensité du noir et sa tenue à la lumière. La plume, pour un dessin précis et nerveux. Le pinceau, bien plus difficile à maîtriser, mais qui donne un trait d’une incomparable souplesse. Les feutres à mines calibrés, qui sont en constante progression par le progrès apporté au débit et à la qualité des encres. Pour le nettoyage de la planche, on préférera une gomme de qualité extra douce, ou des gommes de type “ mie de pain ”. L'inconvénient des gommes est qu’elles dégradent l’encrage et se chargent en graphite, finissant par salir le papier. C’est pour cette raison que de plus en plus de dessinateurs réalisent leur crayonné avec des mines bleues. D’autres utilisent une table lumineuse. La feuille crayonnée est posée sur la table et recouverte d’une feuille vierge sur laquelle sera réalisé l’encrage. Cette méthode apporte quelques contraintes, mais donne un résultat parfait. Immanquablement, des erreurs sont commises ; elles seront rectifiées par retouches à la gouache blanche ou par grattage avec une lame de rasoir. Pour la mise en couleurs, suivant les artistes, les techniques sont diverses : encres liquides, gouache, acrylique, aquarelle, feutres, crayons de couleur… Parfois toutes les techniques combinées. Seule la peinture à l’huile, trop longue à mettre en œuvre, n’a pas les faveurs des coloristes. Cependant, avec les progrès apportés dans le domaine informatique, de plus en plus de mises en couleurs sont réalisées sur ordinateur. Liberté d’expression, gain de temps, communication et travail collaboratif sont apportés par l’outil internet. Certains commencent même à concevoir leur BD entièrement sur ordinateur, c’est le début de la BDAO. Les avancées apportées à des logiciels comme Adobe Photoshop© et Corel Painter©, s’ils sont bien maîtrisés, permettent des rendus naturels parfois impossibles à différencier de ceux des méthodes traditionnelles. Il est toutefois indispensable d’utiliser un ordinateur véloce avec un écran calibré renvoyant une image et des couleurs fidèles à ce qui sera imprimé, un scanner d’une résolution minimum de 1200 dpi, ainsi qu’une tablette graphique, indispensable pour un rendu naturel. Pour conclure, quels que soient les techniques et le matériel utilisés, c’est toujours la main de l’homme qui exécute. L’informatique, si elle apporte le confort, ne vous donne aucun talent, elle n’est qu’un outil parmi d’autres. Sans imagination et maîtrise des techniques traditionnelles, le rendu sera toujours fade et impersonnel.
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