Réaliser une bande dessinée est un travail bien plus complexe qu’il n’y paraît. La BD est souvent galvaudée, et les auteurs sont souvent considérés comme des dessinateurs de petits Mickey. Les critiques viennent souvent de corporations artistiques qui préfèrent dénigrer le métier, plutôt que de reconnaître qu’ils sont loin d’avoir la pluridisciplinarité des auteurs de BD. Un auteur de BD se doit d’être conteur, illustrateur, styliste, décorateur, architecte… Il est à la fois acteur de tous les personnages de l’histoire ainsi que réalisateur. L’auteur de BD ne bénéficie pas de longes séquences animées, comme au cinéma, pour exprimer une émotion ou évoquer une action. Il devra choisir avec justesse, la bonne composition et le bon cadrage de chaque image pour donner l’illusion du mouvement, de l’action, du sentiment exprimé. C’est comme au cinéma mais sans la musique... Quoiqu’en y regardant de plus près, il y a une musique… inaudible. Pour donner de l’attrait à une histoire, il faut trouver le rythme, régler la cadence, mettre en osmose le scénario, le dessin et la couleur. Si cette partition est harmonisée, alors vous avez une mélodie silencieuse, qui séduira les lecteurs. Oui une BD a une Musique ! Un album de bandes dessinées, se réalise souvent en équipe : le scénariste invente et rédige l’histoire, le dessinateur réalise les planches que le coloriste mettra en couleurs. Parfois on fait appel à d’autres talents, pour le design, le story-board, la documentation, l'encrage, le lettrage… Mais quel que soit le nombre d’artistes qui participent à la réalisation de l’album, ceux-ci doivent former une équipe soudée, avançant dans la même direction. C’est comme dans un orchestre ; qu’un seul des musiciens joue faux, et c’est toute l’œuvre qui s’écroule au détriment de l’équipe. Pour terminer, sachez que ce métier se construit sur le talent (il en faut un peu), la passion et le travail. L’auteur de BD évolue dans un monde merveilleux où l'on bénéficie depuis longtemps des 35 heures... par jour ! Les congés payés n’existent pas. La couverture sociale est ridicule, et la retraite, pour peu que l’on y pense, dépendra du nombre d’albums vendus. Cependant le percepteur n’oublie jamais sa petite visite. Vous l’aurez compris, il faut vraiment être motivé. Mais que voulez-vous ! C’est un besoin viscéral. Comme beaucoup de mes camarades, j’en ai besoin pour exister. Alors !? Si l’aventure vous tente…
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